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Traitement du cancer : L’hôpital Cheikh Khalifa se dote d’une nouvelle technologie

Source : La Nouvelle Tribune – le 19/12/2016

Moins de deux ans après son ouverture, l’Hôpital Cheikh Khalifa Ibn Zaid se dote d’une technologie de pointe. Il s’agit du TrueBeamSTX, une innovation technique de haut vol, dédiée au traitement de cancer par irradiation. «Une première au Maroc, en Afrique et au Moyen Orient», lance non sans fierté Pr El Harif, hématologue et directeur de l’Hôpital Cheikh Khalifa Ibn Zaid. «Ce type d’initiatives s’inscrit parfaitement dans la ligne de notre vision et de la mission de l’hôpital, de l’université et de la Fondation Cheikh Khalifa pour développer l’offre de soins au Maroc.» Et de poursuivre : «Aujourd’hui, le Maroc peut se targuer d’être compétitif en termes de soins, notamment dans la prise en charge du cancer.»

Selon le Pr El Harif, l’hôpital Cheikh Khalifa est une vraie plateforme d’innovation et de formation. Le vrai défi demeure, selon le praticien, les compétences. Un challenge que le management de l’hôpital compte relever en collaboration avec l’université Mohammed VI.

En effet, en se dotant du TrueBeamSTX, accélérateur linéaire le plus sophistiqué et de dernière génération en radiothérapie, le CCC (Casablanca Cancer Center), réalise un pas de géant dans la prise en charge du cancer. Contrairement aux cobalts, cette nouvelle machine permet un gain de temps, d’argent et surtout une précision qui limite au minimum les effets secondaires. «Avec une vitesse et une précision incomparable, cette technologie permet de réaliser des traitements stéréotaxiques avec exactitude», explique Dr L Toufik Essakali, responsable du CCC. Pour sa part, Dr Alain Toledano, oncologue-radiothérapeute à Paris, qui témoigne de la haute technicité de la radiothérapie du CCC, estime que l’accélérateur linéaire est une révolution dans le traitement du cancer. «Toute la difficulté de la radiothérapie est ne pas abîmer les cellules saines. Or cela est aujourd’hui possible grâce à la haute précision de cette machine qui nous permet de travailler en limitant la toxicité aux zones malades.»

Cela veut dire moins d’effet secondaires et moins de séances. «Au lieu de 20 séances, on peut descendre à 2 ou 3 séances, voire une séance», explique Dr Toledano.

Rémission et qualité de vie

L’accélérateur linéaire permet de s’adapter. «Un repositionnement automatique du faisceau à la recherche de la tumeur pendant l’irradiation, dit le «Real Time Tracking » et de ce fait, irradier les tissus tumoraux en épargnant les tissus sains. Très ciblée, l’irradiation se fait en temps réel, ce qui permet de suivre les mouvements du déplacement de la tumeur», explique Dr Essakali. En limitant les effets secondaires, le patient gagne également en qualité de vie. «Il ne s’agit plus de traiter le cancer en gardant le patient en vie, au détriment de la qualité de vie. C’est cela la médecine moderne», explique Dr El Harif.

En effet, les progrès permettent aujourd’hui de garantir des taux de rémission importants, tout en assurant une qualité de vie correcte. D’où le coût important des investissements. «La médecine moderne est de plus en plus coûteuse, même dans les pays développés. Mais, il faut calculer le juste prix en prenant en compte le temps, la logistique…» , dixit Pr Al Arif. Selon ce dernier, le coût du True Beam STXr est important, mais cela démontre l’engagement de la Fondation et de l’hôpital Cheikh Khalifa pour développer la médecine moderne au Maroc, explique le directeur. Et de poursuivre : «Nous sommes en train de négocier avec les assurances le prix le plus accessible pour permettre au plus grand nombre de Marocains d’accéder à cette innovation». L’objectif étant selon le praticien de garantir un accès de plus en large à la médecine moderne et d’éviter que des Marocains aillent se soigner à l’étranger comme c’est le cas aujourd’hui. En effet, l’hôpital, qui attire déjà une communauté étrangère, notamment africaine, ambitionne de séduire les Marocains qui vont se soigner outre-mer.

«Aujourd’hui, nous avons une plate-forme d’innovation et de formation, le vrai défi demeure celui des compétences. Un challenge que nous pourrons relever en collaboration avec l’université Mohammed VI», conclut le Pr El Harif.